Optimizette est une pilule contraceptive progestative pure, sans œstrogène, à base de désogestrel 75 µg — le générique de Cerazette. Elle s’utilise en une prise quotidienne, sans pause entre les plaquettes, et convient notamment aux femmes qui ne tolèrent pas les œstrogènes ou qui allaitent.
Dans cet article, nous vous donnons toutes les clés pour l’utiliser sereinement :
- ce qu’est Optimizette et comment elle agit
- qui peut la prendre et dans quelles conditions
- comment gérer un oubli, des vomissements ou des effets indésirables
- les interactions à surveiller et les contre-indications importantes
- les informations pratiques sur le prix, l’ordonnance et le remboursement
Optimizette : c’est quoi ?
Optimizette est un contraceptif oral commercialisé par les Laboratoires Majorelle. Son principe actif est le désogestrel, dosé à 75 microgrammes (0,075 mg) par comprimé. Il s’agit d’une pilule dite uniquement progestative, c’est-à-dire qu’elle ne contient aucun œstrogène.
C’est le générique officiel de Cerazette : même molécule, même dosage, même efficacité. Son autorisation de mise sur le marché (AMM) date du 26 mars 2014, et sa commercialisation a débuté le 4 août 2014.
Les comprimés se présentent sous forme de petits disques blancs, ronds, biconvexes, sans barre de cassure. Chaque plaquette contient 28 comprimés (une prise par jour, sans interruption). Vous pouvez la trouver en boîte de 1 plaquette (28 comprimés) ou de 3 plaquettes (84 comprimés). À noter : chaque comprimé contient 51,5 mg de lactose, ce qui peut être pertinent si vous êtes intolérante à ce sucre.
À quoi sert Optimizette (indications)
Son indication est claire et unique : la contraception, soit la prévention d’une grossesse non désirée. C’est son seul usage validé par les autorités de santé. La Haute Autorité de Santé (HAS) lui attribue un service médical rendu (SMR) jugé important, ce qui justifie son remboursement.
Comment Optimizette agit (mécanisme d’action)
Beaucoup de pilules progestatives classiques agissent principalement en épaississant la glaire cervicale, ce mucus produit par le col de l’utérus qui rend le passage des spermatozoïdes très difficile.
Optimizette va plus loin : à 75 µg de désogestrel, la dose est généralement suffisante pour bloquer l’ovulation dans la grande majorité des cas, en plus de l’effet sur la glaire. C’est ce qui la distingue des micropilules progestatives plus anciennes dosées à 30 µg.
En pratique, cela lui confère une efficacité contraceptive élevée, comparable à celle des pilules combinées œstro-progestatives, à condition que la prise soit régulière et à heure fixe. L’efficacité n’est jamais garantie à 100 % : la régularité de la prise reste le facteur déterminant.
Pour qui Optimizette est adaptée (profils, allaitement, intolérance aux œstrogènes)
Optimizette peut être une option particulièrement adaptée pour :
- les femmes qui ne supportent pas les œstrogènes (migraines avec aura, risque cardiovasculaire, antécédents de phlébite stabilisée selon avis médical)
- les femmes qui allaitent : le désogestrel passe faiblement dans le lait maternel et peut être utilisé pendant l’allaitement, avec avis médical
- les femmes qui préfèrent une pilule microdosée à faible charge hormonale
Elle n’est en revanche pas adaptée à tout le monde. Un examen médical préalable est indispensable pour évaluer votre profil et choisir la contraception la plus appropriée.
Comment prendre Optimizette au quotidien (posologie et rythme de prise)
La règle est simple : 1 comprimé par jour, à la même heure, sans interruption. Quand vous terminez une plaquette de 28 comprimés, vous démarrez la suivante le lendemain matin, sans faire de pause.
Vous maintenez ainsi une prise en continu, 365 jours par an. Essayez de garder environ 24 heures entre deux comprimés. Si des saignements surviennent en cours de plaquette, vous continuez la prise normalement — cela ne remet pas en cause l’efficacité.
Quand commencer Optimizette (démarrage selon votre situation)
| Situation | Moment idéal de démarrage | Méthode complémentaire nécessaire ? |
|---|---|---|
| Pas de contraception hormonale avant | Jour 1 des règles | Non |
| Pas de contraception hormonale avant | Jours 2 à 5 des règles | Oui, préservatif pendant 7 jours |
| Changement de pilule | Lendemain du dernier comprimé | Non (si enchaînement direct) |
| Après avortement (1er trimestre) | Immédiatement | Non |
| Après accouchement ou avortement (2e trimestre) | Entre 21 et 28 jours après | Si > 28 jours : préservatif 7 jours |
Si vous démarrez plus de 28 jours après un accouchement et que vous avez déjà eu des rapports sexuels, vérifiez l’absence de grossesse avant de commencer.
Oubli, retard, vomissements ou diarrhée : que faire ?
En cas d’oubli ou de retard de moins de 12 heures, prenez le comprimé dès que vous vous en souvenez, puis reprenez le rythme habituel. Aucune protection supplémentaire n’est nécessaire.
Si le retard dépasse 12 heures, la protection contraceptive n’est plus assurée. Prenez le comprimé oublié dès que possible, continuez la plaquette normalement, mais utilisez un préservatif pendant au moins 7 jours. Si cet oubli survient lors de la première semaine de prise et que vous avez eu des rapports dans les 7 jours précédant l’oubli, le risque de grossesse est réel : consultez votre médecin ou votre pharmacien.
À titre d’exemple, un retard de 1h30 n’a aucune conséquence sur l’efficacité. C’est seulement au-delà du seuil de 12 heures que la vigilance s’impose.
En cas de vomissements ou de diarrhée dans les 4 heures suivant la prise, le comprimé n’a peut-être pas été absorbé correctement : prenez-en un autre. Si les troubles digestifs durent plus longtemps ou se répètent, utilisez une méthode barrière pour le reste du cycle.
Effets indésirables possibles et saignements irréguliers
L’effet le plus fréquent est la modification du cycle menstruel. Selon les profils :
- 20 à 30 % des femmes connaissent des saignements plus fréquents ou irréguliers
- environ 20 % voient leurs règles se raréfier ou disparaître complètement
Ce n’est pas dangereux, mais cela peut être perturbant au début. Si vos règles s’arrêtent pendant plus de 2 cycles consécutifs, vérifiez l’absence de grossesse avant de continuer.
Les effets indésirables fréquents (touchant 1 à 10 % des utilisatrices) incluent :
- maux de tête, nausées
- prise de poids, acné
- seins douloureux ou tendus
- changements d’humeur, baisse de libido, état dépressif
Des effets plus rares (moins de 1 %) peuvent survenir : kyste de l’ovaire, infection vaginale, chute de cheveux, éruption cutanée, fatigue, gêne avec les lentilles de contact. Si vous avez eu des démangeaisons ou une jaunisse pendant une grossesse, ces symptômes peuvent réapparaître sous Optimizette. Tout effet suspect peut être déclaré en ligne via le portail de pharmacovigilance.
Contre-indications et précautions avant de commencer
Optimizette ne doit pas être prise dans les situations suivantes :
- phlébite ou embolie pulmonaire en cours
- hépatite active ou récente
- certains cancers hormono-dépendants, notamment le cancer du sein
- saignements génitaux inexpliqués (à explorer avant toute prise)
- association avec le millepertuis (voir paragraphe suivant)
Une surveillance renforcée est recommandée si vous avez des antécédents de grossesse extra-utérine, de thrombose, d’hypertension artérielle, de diabète ou d’ictère. En cas d’immobilisation prolongée (opération, plâtre…), un arrêt temporaire peut être envisagé — demandez conseil à votre médecin.
Un sur-risque de méningiome intracrânien a été identifié par l’étude EPI-PHARE/SNDS lors d’une utilisation prolongée, notamment à partir de 45 ans. Ce risque augmente avec la durée d’exposition, mais reste plus faible que celui observé avec certains progestatifs à fortes doses. C’est un point de vigilance à évoquer avec votre médecin pour un suivi adapté.
Interactions médicamenteuses et plantes à éviter (dont millepertuis)
Certains médicaments peuvent réduire l’efficacité contraceptive d’Optimizette. C’est notamment le cas de :
- le millepertuis (plante en vente libre, souvent utilisée contre la dépression légère) : son association avec Optimizette est contre-indiquée
- certains antiépileptiques : phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne, oxcarbazépine, topiramate
- certains médicaments contre le VIH : éfavirenz notamment
- d’autres substances : bosentan, griséofulvine, rifampicine, rifabutine
La règle d’or : signalez systématiquement à votre médecin ou pharmacien tout traitement en cours, même une plante ou un produit en automédication.
Grossesse, allaitement et fertilité après arrêt
Si vous tombez enceinte sous Optimizette, arrêtez immédiatement la pilule. La grossesse peut se poursuivre normalement si vous le souhaitez. Optimizette n’a pas lieu d’être utilisée pendant une grossesse avérée.
Pendant l’allaitement, elle peut être utilisée car le désogestrel passe faiblement dans le lait, mais uniquement sur avis médical. Après l’arrêt de la pilule, la fertilité revient rapidement — souvent dès le premier cycle suivant l’arrêt.
Prix, remboursement, ordonnance et informations pratiques (générique Cerazette)
Optimizette est un médicament sur ordonnance uniquement, classé en liste I. Elle est remboursée à 65 % par l’Assurance Maladie.
| Présentation | Prix médicament | Honoraires pharmacien | Prix total indicatif |
|---|---|---|---|
| 28 comprimés (1 plaquette) | 1,23 € | 1,02 € | 2,25 € |
| 84 comprimés (3 plaquettes) | 3,01 € | 1,02 € | 4,03 € |
Ces prix sont réglementés et peuvent légèrement varier selon le contexte. Elle n’est pas vendue directement en ligne : vous pouvez réserver en pharmacie en ligne puis retirer votre boîte en présentant votre ordonnance. C’est le générique officiel de Cerazette (groupe générique désogestrel 0,075 mg), ce qui garantit une bioéquivalence totale.
Quand consulter rapidement (signes d’alerte et situations à risque)
Consultez sans attendre si vous observez :
- une douleur thoracique soudaine, une gêne respiratoire ou une jambe douloureuse et gonflée (signes évocateurs d’un caillot)
- des maux de tête inhabituellement intenses ou persistants
- des troubles visuels brutaux
- une jaunisse (peau ou yeux qui jaunissent)
- des saignements génitaux inexpliqués ou qui s’aggravent
- un état dépressif ou des troubles de l’humeur marqués
- une absence de règles depuis plus de 2 cycles consécutifs
Nous vous rappelons qu’Optimizette est un médicament : lisez attentivement la notice, respectez les précautions d’emploi et n’hésitez jamais à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien. Aucun contenu pédagogique, aussi complet soit-il, ne remplace un avis médical personnalisé.

